Origine des collections

Le Musée royal de l’Afrique centrale est mondialement connu pour ses collections riches, variées et de grande valeur scientifique. La plupart des visiteurs ne soupçonnent pas l’importance de ce patrimoine puisque l’exposition permanente n’en dévoile que 1 % à peine.

Le musée est réputé pour ses objets ethnographiques, mais il conserve des collections en sciences naturelles, des archives, des photos, etc. qui sont tout aussi remarquables.

D’où viennent les collections ?

La grande majorité des objets provient de la RD Congo et a été collectée durant la période coloniale.

Cependant, les collections du musée couvrent le monde entier et remontent à 650 millions d’années (pour certains fossiles) jusqu’à nos jours.

Le musée conserve par exemple des objets ethnographiques d’Océanie et d’Amérique, suite notamment à des échanges effectués entre le Musée royal de l’Afrique centrale et les Musées royaux d’Art et d’Histoire entre 1967 et 1979.

La collection de bois du musée contient également des échantillons du monde entier. Il s’agit de la troisième collection la plus importante au monde et la seule collection de référence en Belgique.
 

Comment les collections sont-elles arrivées à Tervuren ?

Dès sa création en 1898, le musée a encouragé militaires, fonctionnaires, missionnaires, commerçants et scientifiques qui se trouvaient au Congo à récolter des objets, des animaux, etc.

Campagnes militaires

Une partie des objets des collections a été récoltée lors de campagnes militaires organisées au Congo. Celles-ci avaient comme objectifs de soumettre la population, de tracer des frontières et d’asseoir l’autorité du pouvoir colonisateur. Les objets récoltés étaient souvent des armes et d’autres trophées obtenus comme butin de guerre lors de confrontations violentes.

Collectionnite 

L’intérêt grandissant pour le Congo a donné lieu à une véritable compétition entre les musées européens et américains : chacun entendait collectionner le plus d’objets intéressants possibles, de préférence avant que la concurrence ne les accaparât et que la colonisation ne les fît disparaître. Artistes et artisans congolais y virent l’occasion de fabriquer et d’écouler des objets appréciés des collectionneurs. 

Expéditions scientifiques

Dès le début, le musée a envoyé des scientifiques au Congo afin de récolter des objets et des spécimens. Encore aujourd’hui, de nombreuses collections, telles que celles des poissons, du bois, des insectes, etc. se développent continuellement au fur et à mesure de projets scientifiques.

Missionnaires 

Les premiers missionnaires belges au Congo rejetaient les pratiques religieuses africaines et détruisaient des objets qu’ils tenaient pour « païens ». Les missionnaires résidant depuis plus longtemps dans la colonie se montraient souvent plus compréhensifs et s’intéressaient de plus près aux langues et cultures congolaises. Les conservateurs de musée faisaient volontiers appel à leurs connaissances des langues et à leurs contacts avec la population. 

Habitants occidentaux au Congo 

Les autorités coloniales encourageaient les Occidentaux vivant et travaillant au Congo à collecter des objets pour le musée. Pour certaines pièces, nous disposons d’une information abondante ; pour d’autres, nous ne connaissons que le lieu de la découverte et le nom du collectionneur, mais pas le nom de l’artisan ou de l’artiste. 

Commerce de l’art

Suite notamment à l’exposition coloniale de 1897, des négociants d’art africain firent leur apparition à Bruxelles et à Anvers au XIXe et surtout au XXe siècle. Aujourd’hui, les collections privées recèlent toujours de nombreux objets d’art africain. Certaines de ces collections privées rejoignirent le musée après le décès de leur collectionneur.

Achats

Le musée rachète parfois des objets et collections. La commission d’acquisitions du musée procède à un contrôle d’intégrité et à un examen basé sur cinq critères :

  • L’objet présente-t-il un intérêt pour la recherche scientifique ?
  • Complète-t-il une collection ou une exposition ?
  • A-t-il une valeur exceptionnelle ?
  • Est-il bien documenté ?
  • Illustre-t-il des aspects de l’Afrique d’aujourd’hui ?

Donations

Le musée acquit une grande partie de ses collections à la faveur de donations. Aujourd’hui encore, des pièces lui sont proposées et sont intégrées dans les collections. La commission d’acquisitions respecte pour les donations les mêmes critères que pour les achats.

La collecte aujourd’hui 

De nos jours, les objets et spécimens sont collectés dans le cadre de projets de recherche et d’étude sur le terrain, en étroite collaboration avec des universités et des musées africains.

Le champ de recherche ne se limite plus à l’Afrique centrale mais recouvre toute l’Afrique au sud du Sahara.

Les objets et spécimens sont aussi mieux documentés, même s’ils ne sont toujours que des fragments d’un ensemble plus vaste.

Les expressions culturelles immatérielles, comme la langue et la musique, bénéficient aujourd’hui d’une plus grande attention qu’autrefois.