Mabele eleki lola !

La terre, plus belle que le paradis

Sous la plume d’In Koli Jean Bofane (Mbandaka, 1954), Freddy Tsimba rencontre la mort, dite « Liwa ». Cela se passe dans un cachot pendant la guerre à Kisangani. Ils discutent ensemble. L’artiste négocie sa vie mais surtout son œuvre parce qu’il crée des figures nouvelles, plus belles, plus puissantes, porteuses de vie et de paix. 

Les Oubliés du temps. Corps d’hommes, 2016. Matériaux de récupération, clés, cuillères, fourchettes, ciseaux, capsules de bière, trappes à souris et douilles. Collection de l’artiste, Kinshasa - © Wonda-Mansia, Kinshasa, 2020.

 

Pour la première exposition temporaire depuis l’ouverture en décembre 2018, l’AfricaMuseum invite l’artiste kinois Freddy Tsimba à un dialogue avec les collections du musée.

Le commissaire de l’exposition est l’écrivain In Koli Jean Bofane.
La sélection des objets ethnographiques a été réalisée avec la contribution scientifique de Henry Bundjoko, directeur du Musée national de la République démocratique du Congo – Kinshasa.

L’EXPOSITION

Jean Bofane, écrivain, auteur de Mathématiques congolaises (Actes Sud) et commissaire d’exposition, propose un regard inédit sur l’art de Freddy Tsimba en dévoilant la face spirituelle de son oeuvre. En tant que grand forgeron selon la tradition, Freddy Tsimba transforme le métal des conflits en matière première d’une nouvelle narration
Les églises de réveil promettent le paradis. Mais quel paradis évoquent-elles ?
Pour Freddy Tsimba et Jean Bofane, il est impérieux de se débarrasser des fausses promesses. La terre est décidément au-dessus de tout. Elle est plus belle que le paradis ! Le titre est né d’une d’une conversation avec l’artiste, optimiste, amoureux infatigable de la vie et de la beauté. 
Les œuvres monumentales de Tsimba entrent pour la première fois en dialogue avec les collections du musée. L’artiste rend ainsi hommage au travail du forgeron et du sculpteur classique. Vingt-deux installations de Freddy Tsimba, lors de cette rencontre exceptionnelle, font face à trente pièces du musée dont la plupart n’ont jamais été montrées. 

L’ARTISTE

Freddy Bienvenu Tsimba (Kinshasa, 1967) a étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa (département de sculpture monumentale, 1989). Il travaille le bronze et les métaux de récupération. L’artiste congolais est indépendant et engagé. Il est profondément attaché au respect des droits humains, en particulier les droits des plus fragiles, les mères et les enfants. Il expose le tragique de la guerre et témoigne des violences à travers le temps. Mais il est aussi le porte-parole de la paix et de la résilience. Il rend de façon sublime hommage aux femmes et à la vie. Freddy Tsimba est aujourd’hui un artiste connu et reconnu à Kinshasa et sur la scène artistique internationale. Il est célèbre pour ses sculptures faites de douilles, de cartouches et aussi pour ses maisons-machettes. L’artiste a participé à plusieurs Biennales de Dakar (2002, 2006 et 2008) et à des expositions collectives comme The Divine Comedy (2014), Kongo am Rhein (Bâle, 2017) et Afriques Capitales (Lille, 2017) sous l’égide de Simon Njami. 
Freddy Tsimba était artiste en résidence au Musée royal de l’Afrique centrale en 2016. À cette occasion et pour l’ouverture du musée, il a créé deux œuvres clés : 
Centres fermés, rêves ouverts, 2016. Huit personnages font face au mur du musée, c’est une série, un hommage aux personnes réfugiées, refoulées aux frontières et aux victimes des violences passées et présentes. 
Ombres, 2016. Freddy Tsimba utilise pour la première fois la lumière comme médium. Il rappelle ici la mémoire des Congolais victimes de la colonisation. Cette œuvre se trouve installée dans la salle mémorial du musée. 

LE COMMISSAIRE

In Koli Jean Bofane (Mbandaka, 1954) est écrivain et commissaire d’expositions. Il vit en Belgique depuis 1993. Son œuvre est couronnée de prix et traduite en plusieurs langues. Il a publié Pourquoi le lion n’est plus le roi des animaux, Gallimard Jeunesse en 1996 ; et chez Actes Sud : Mathématiques congolaises (2008), Congo Inc., Le testament de Bismarck (2014) et La Belle de Casa (2018). Il a été commissaire du festival Kongo am Rhein (Bâle, 2017). Son œuvre traite de la mondialisation, des violences sociales et politiques dans les sociétés africaines postcoloniales ‒ l’Afrique centrale en particulier. L’Afrique y est décrite comme un laboratoire du monde, un espace concret et marginal où ses personnages se cognent au réel. Un des personnages de son prochain livre se nomme Freddy Tsimba. 

CONCOURS POUR LES ÉCOLES SECONDAIRES

Vous travaillez le métal avec vos élèves ? Laissez-vous inspirer par le travail de l’artiste Freddy Tsimba exposé à l’AfricaMuseum !
Après avoir découvert l’exposition Mabele eleki lola !, nous vous proposons de participer à un concours de création de sculptures en lien avec les thématiques développées par l’artiste.
Inscriptions & Règlement

 

 

 

 

Exposition temporaire

AfricaMuseum
Leuvensesteenweg 13, 3080 Tervuren

Info

Logos-ExpoTsimba

Avec le soutien de Wallonie-Bruxelles International