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La situation géographique du Burundi

Le Burundi occupe une région d'Afrique centrale située entre les parallèles 2° 20' et 4° 28' de latitude sud, et entre les méridiens 28° 50' et 30° 53' de longitude est. Ce pays d'une superficie de 27.834 km2 est bordé au nord par le Rwanda, à l'est par la Tanzanie, à l'ouest par le Zaïre Il est constitué pour l'essentiel par un vieux plateau d'origine précambrienne dont l'altitude moyenne est de quelque 1800 m.

La frontière ouest fait partie de ce vaste effondrement tectonique que représente la branche occidentale des "Rift Valleys" (+/- 800 m). Au Burundi, cette région est constituée sur 70 km par la plaine de l'Imbo, parcourue par la rivière Rusizi qui relie le lac Kivu au lac Tanganyika et sur 120 km par ce dernier et une étroite bande côtière. La largeur de cette grande faille varie considérablement, de quelque 10 km. aux endroits les plus étroits de la plaine de la Rusizi à quelque 30 km dans la région du lac.

Le plateau et la "Rift Valley" sont séparés par une chaîne presque continue de moyennes montagnes dont les plus hauts sommets culminent à +/-2700 m. Cette crête montagneuse constitue la ligne de partage des bassins des fleuves Zaïre et Nil. Le flanc ouest de la montagne est un immense abrupt au relief très accidenté. Il se caractérise par une alternance de vallées profondes et de crêtes étroites. Les pentes dépassent souvent 50 degrés. Elles sont soumises à une forte érosion, et les glissements de terrain sont fréquents. Malgré cette situation défavorable, l'ensemble est densément peuplé et donc très exploité. Le flanc de la montagne ainsi que les crêtes sont encore par endroits recouverts de l'ancienne forêt ombrophile et de l'une ou l'autre bambouseraie naturelle.

Le flanc est de la montagne se raccorde doucement au pays des hauts plateaux centraux, lequel est sillonné par d'importantes rivières au cours paresseux. Cette région de collines arrondies est propice à la culture, particulièrement dans le fond des vallées, et à l'élevage sur les hauteurs herbeuses. L'habitat y est dispersé mais continu, le rugo traditionnel, case arrondie entourée d'une clôture, est en voie de disparition. Il est remplacé par la case en pisé, de forme rectangulaire si caractéristique des paysages africains. Le couvert végétal naturel a disparu; néanmoins, quelques espèces susceptibles de guérir ont été préservées. Cette région constitue le Burundi traditionnel. C'était le territoire des rois où étaient disséminés leurs grands domaines qu'ils quittaient rarement. Anciennement les zones les plus occupées étaient centrées sur les bourgades actuelles de Kayanza, Ngozi, Bukeye, Muramvya, Kiganda, Gitega. C'était celles où l'influence des castes dirigeantes était la plus marquée et la paix féodale la mieux assurée. Ce fut certainement l'une des raisons d'une si forte occupation du terrain. Une autre découlait du climat relativement salubre pour l'Afrique, qui atténue une partie des endémies et maladies tropicales. Enfin intervenaient des facteurs tels qu'une pluviosité favorable (1300 à 1600 mm par an) et la présence de sols argileux et fertiles qui, grâce à des techniques agricoles et à l'apport de fumure constante due à la présence de grands troupeaux de bovins, permettaient deux voire trois récoltes par an. Le long du piémont est de la crête Zaïre-Nil, se succédaient, du nord au sud, les plus importants de ces domaines : Mbuye, Bukeye, Muramvya, Kiganda.

Enfin, à l'est, la région des hauts plateaux dévale dans l'immense plaine tanzanienne par une marche de 400 m de hauteur, entrecoupée de failles profondes. La partie tanzanienne du pays est constituée par la plaine du Mosso, région autrefois peu occupée et actuellement soumise à un peuplement intensif du fait de l'explosion démographique. Le Mosso était jadis habité par une population considérée comme distincte des peuples des hauts plateaux...