Trains & Tracks in Africa

Un dialogue sur les infrastructures et les mobilités en Afrique
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L’étude de la construction de lignes de chemin de fer à travers le continent africain est décisive pour comprendre la logique de colonisation des terres, d’exploitation des personnes, d’extraction des ressources naturelles et d’acheminement des biens depuis et vers les métropoles. Le développement en Afrique à la fin du 19e siècle, du transport moderne par excellence marqua durablement les paysages, mais également l’urbanisme des villes et joue encore aujourd’hui un rôle dans la mobilité de personnes, des biens et des idées.

 

AfricaMuseum Journée d'études de cas et de workshops - Programme

 

Durant une journée de conférence, des interventions de chercheurs et d’artistes proposeront d’autres regards sur le chemin de fer en Afrique, en se confrontant à la diversité des récits qui y sont liés, dans une perspective postcoloniale et transnationale. Autant de récits nécessaires à examiner pour comprendre l’ampleur et la complexité d’une telle entreprise et ses conséquences humaines, géographiques, urbanistiques, politiques et sociales. Les interventions ne se focaliseront pas uniquement sur le passé mais dresseront également un état des lieux du présent et de l’avenir de ces lignes de chemin de fer — certaines encore en service, d’autres abandonnées, d’autres en cours de réhabilitation — et de l’infrastructure ferroviaire.

Dans les mois qui précèdent la conférence, deux artistes effectueront une résidence en Belgique. Alexandre Kyungu Mwilambwe a été choisi par la curatrice Anne Wetsi Mpoma et séjournera au Wiels. Arnaud Makalou, sélectionné lui par un jury de professionnels suite à un appel à projet, aura l’occasion de faire des recherches dans les collections et de travailler avec les équipes de l’AfricaMuseum. Durant la conférence, ces artistes nous feront part de leur perception et témoigneront de l’impact du chemin de fer dans leur travail.

Johan Lagae est professeur d’histoire de l’architecture à l’université de Gand (UGent), où il a obtenu son doctorat en 2002. Son principal domaine de recherche est l’histoire architecturale et urbaine coloniale et postcoloniale en Afrique centrale. Il est également l’auteur d’ouvrages à propos du patrimoine architectural et de la photographie coloniales. En 2007, il est ‘chercheur invité’ à l'Institut national d'histoire de l'art de Paris et, depuis peu, membre de l'Institut des études avancées, à Paris également. Il a publié deux ouvrages sur la ville et l'architecture à Kinshasa. Il a participé et co-organisé plusieurs expositions en lien avec le Congo et l’Afrique, comme La mémoire du Congo. Le temps colonial (2005), Congo belge (en images) (en collaboration avec le photographe de Magnum Carl De Keyzer, 2010), ou encore, plus récemment, À chacun sa maison. L'habitat au Congo belge 1945-1960 (Bruxelles, 2018).

Robby Fivez obtient son diplôme d'ingénieur architecte en 2015. Depuis lors, il est doctorant à l'Université de Gand, d'abord dans le cadre du projet financé par la FWO Tout le Congo est un Chantier, et ensuite comme assistant dans la recherche et l'enseignement. Dans son travail, il confronte l'histoire de la construction à l'histoire coloniale elle-même, en discernant les processus matériels qui sous-tendent la production du bâti colonial. Aujourd’hui, il rédige sa thèse de doctorat, qu’il intitule A Concrete State. Building Ambitions in the (Belgian) Congo, 1908-1964. Il entame également l’étude de la transformation du paysage le long de la ligne de chemin de fer qui va de Matadi à Kinshasa. Robby Fivez participe à des conférences et des ateliers internationaux ; il publie des essais et des articles, notamment dans la revue Architecture Beyond Europe et le Journal of Landscape Architecture.

Anne Wetsi Mpoma est historienne de l'art, commissaire d'exposition, auteur et
galeriste.  Elle propose d’expérimenter et de réinventer une société plus inclusive par les arts et l'imaginaire. Elle a fondé et dirige la galerie d'art Wetsi (asbl Nouveau Système Artistique, 2019), un espace interdépendant dont l’objectif est d’établir des ponts entre divers publics, notamment institutionnels, en montrant le travail d'artistes marginalisés à cause de leur ‘race’, leur genre, leur orientation sexuelle, leur origine ethnique et/ou leur ‘handicap’. Dans son essai Resisting in the arts and culture in a postcolonial context (in Being Imposed Upon, 2020), elle sonde les relations de pouvoir qui existent entre les femmes artistes belges afrodescendantes, qui évoluent de manière marginale, et les détenteurs du pouvoir dominant sur la scène artistique contemporaine. Le projet d'exposition Through her (True her) aborde le même thème : s’appuyant sur des recherches menées par la co-commissaire du projet Pascale Obolo, elle fait dialoguer les œuvres de ces artistes marginalisées avec celles qui ont rejoint la collection du Musée d'art contemporain de la ville de Gand (S.M.A.K.). Aujourd’hui, Anne Wetsi Mpoma participe, avec des experts, à la rédaction d’un premier rapport qui soutiendra la réflexion de la Chambre des représentants dans la commission chargée d'analyser le passé colonial de la Belgique et ses conséquences.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une production de : UGent, AfricaMuseum and EUROPALIA Arts Festival with the support of Wiels and Bistro Tembo.

 

Événement hybride (live et en ligne)
9h30 - 19h00

AfricaMuseum
Leuvensesteenweg 13
3080 Tervuren

Langue
L'événement se déroulera principalement en anglais avec quelques interventions en français.
Prix

€ 10 (lunch, pause café et boissons comprises)

Info