Ceci n’est pas le collier de Tippo Tip

29.04.2022

Matériaux : alliage cuivreux (laiton ?) doré, verre (pâte de), cordon de soie et fil d’argent, fibres végétales

Numéro d’inventaire : HO.1959.84.1

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Enregistré dans les collections en 1959

Déposé et proposé en vente au musée en 1949 par Dandoudis Spiros, résident du Congo belge

Aurait été :
- Reçu (acheté ?) par Dandoudis Spiros de la part d’un mécanicien (peut-être de la Combelga, Compagnie commerciale belgo-congolaise) de Kabinda 
- Propriété d’un mécanicien (anonyme) à Kabinda, 1930’s - début 1940’s 
- Acheté par ce dernier auprès de Yakaumbu Kamanda Lumpungu (1890-1936), Kabinda, après 1929, ou auprès de l’administration coloniale qui l’aurait confisqué (?)

Propriété de Yakaumbu Kamanda Lumpungu, Kabinda, circa 1919-mi 1930’s ?

Aurait été :
- Hérité par Yakaumbu Kamanda Lumpungu de son père Lumpungu Ngoy Mufula (circa 1860-1919), Kabinda 
- Propriété de Lumpungu Ngoy Mufula, Kabinda 
- Offert par Hamed ben Mohammed el-Murjebi dit Tippo-Tip (circa 1840 - 1905) à Lumpungu Ngoy Mufula, vraisemblablement avant 1892 (année de soumission de Lumpungu à l’EIC).


Une provenance prestigieuse et hasardeuse

Référencé dans les collections d’objets historiques de l’AfricaMuseum comme collier de Tippo Tip, cette pièce ne peut manquer d’attirer l’attention sur la question de sa provenance et des modalités qui l’ont amené à intégrer les collections de l’institution.

Car Hamed ben Mohammed el-Murjebi (1837 - 1905), familièrement appelé Tippo Tip, est un nom important de l’histoire de l’Afrique orientale et centrale. Il est certainement le marchand arabo-swahili qui eut la plus grande influence dans les régions orientales de ce qui devint l’État indépendant du Congo. En 1887, il est même nommé wali (gouverneur) du poste fondé par cet État aux Stanley Falls (actuelle Kisangani).

Né vraisemblablement à Zanzibar à la fin des années 1830, Tippo Tip est le petit-fils d’un émigré de Muscat (capitale d’Oman à l’est de la péninsule arabique) et le fils d’un marchand arabe, le plus souvent basé à Tabora (actuelle Tanzanie), pionnier de la route des caravanes vers l’intérieur des terres. Dès ses 18 ans, Tippo Tip a déjà voyagé dans l’est de l’actuelle RD Congo à la tête d’une caravane de son père. Avec ses propres caravanes, il accomplit ensuite plusieurs voyages plus à l’ouest qui lui permirent d’imposer sur un vaste territoire un contrôle personnel au profit de son commerce d’ivoire. Mais au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les territoires africains sous contrôles arabes furent directement visés par l’expansion impériale européenne, sous couvert d’une lutte engagée contre le commerce des esclaves. L’empire commercial et politique que Tippo Tip s’était bâtit en Afrique centrale, se trouva ainsi en conflit avec l’État indépendant du Congo de Léopold II, principale force coloniale occidentale avec laquelle Tippo Tip fût contraint de négocier, en tant que concurrent, allié puis ennemi.

Cette relation complexe contribua certainement à forger sa grande notoriété (y compris du fait de la propagande menée à son encontre) dans le cadre de l’historiographie coloniale. Ceci explique peut-être d’ailleurs en partie que le nom de Tippo Tip soit ainsi resté associé à ce collier au sein du musée ; alors que l’objet ne peut pourtant lui être rattaché que lointainement, sur base d’informations rapportées et difficilement vérifiables.

 

Une chronologie à rebours

Le dossier d’acquisition du collier ne contient qu’un seul feuillet d’archive (ill. ci-dessous). Celui-ci ne comprend que peu d’informations avérées mais permet néanmoins de proposer une chronologie approximative du parcours de cet objet.

Enregistré dans les collections historiques du musée en 1959, le collier se trouvait déjà dans l’institution depuis près de 10 ans. En effet, en 1949, M. Dandoudis Spiros, un résident grec de la colonie belge de passage dans la métropole, propose à la vente et dépose le collier dans le bureau du Directeur du musée de Tervuren, F. M. Olbrechts (1899-1958).

Les informations consignées alors par ce dernier indiquent que M. Dandoudis Spiros aurait reçu l’objet d’un mécanicien belge, peut-être de la Combelga (une compagnie commerciale belgo-congolaise créée en 1918 à Kabinda pour travailler le coton de la région de Lusambo).

Ce mécanicien aurait été le propriétaire du collier (des années 1930 aux années 1940) à Kabinda, où il l’aurait lui-même acheté (peut-être au début des années 1930) auprès du chef Yakaumbu Kamanda Lumpungu (1890-1936).

Ce dernier aurait hérité du collier par son père Lumpungu Ngoy Mufula (circa 1860-1919), le grand chef de Kabinda et de sa région.

Toujours selon les propos rapportés de Dandoudis, Lumpungu Ngoy Mufula aurait reçu le collier en cadeau de la part de Tippo Tip.

Il semble que le conservateur du musée ne fut pas pleinement convaincu par les informations imprécises fournies par Dandoudis, ou/ni impressionné par l’objet lui-même (il s’agit d’un bijou de facture relativement médiocre). Ou peut-être est-ce le fait d’un désintérêt, au sein du musée, pour les objets arabisés d’Afrique centrale (Couttenier, 2019) ? Quoiqu’il en soit, l’acquisition n’aura pas lieu.

Mais pour des raisons inexpliquées, l’objet reste néanmoins au musée. 

Ce n’est que 10 ans plus tard, après la mort du directeur Olbrechts en 1958, que le collier sera finalement inscrit à l’inventaire des collections de l’institution sans que les circonstances de sa provenance ne soient plus avant clarifiées.

Matérialité de l’objet : style, matériaux et origines supposées

homme analysant le collier avec une machine
Analyse du collier par spectrométrie de fluorescence des rayons X, janvier 2022. S. Genbrugge © MRAC

Comme certains autres objets arabo-swahilis associés à des noms de marchands et combattants arabes (cf. Rumaliza), le collier a intégré les collections historiques et non ethnographiques de l’institution. Une différenciation certes d’ordre scientifique (présence ou non d’écriture) mais qui tend à renforcer artificiellement le caractère exogène de la présence socio-culturelle arabo-swahili, longtemps marginalisée au sein des études patrimoniales sur l’Afrique centrale (Arazi & alii, 2020). De fait, cette parure est restée atypique et même unique au sein des collections du musée (sans que l’on puisse présumer pour autant de sa rareté).

Par comparaison avec trois bijoux actuellement conservés au musée du quai Branly, certains éléments de ce collier, tels que les 10 perles sphériques simples et les deux perles terminales piriformes, peuvent être rapprochés de bijoux yéménites (péninsule arabe) dont des orfèvres d’Ethiopie, principalement de la région islamisée de Harar, se sont aussi inspirés (Vanderhaegue C., 2001, cat. 228, 229 et 230). Ce type de perles étaient, entre autres, utilisées pour composer un collier féminin assez court (une dizaine de perles). Une parure généralement offerte en cadeau de mariage. Sur de tels exemplaires, les deux perles terminales sont alors orientées différemment avec la partie sphérique tournée vers l’intérieur du collier.

Il est ainsi très probable que le collier du musée ait été remonté maladroitement – par un non orfèvre – pour y inclure l’imposant médaillon central.

Celui-ci, par sa forme rayonnante de cabochons en pâte de verre multicolore autour d’un large cabochon central rougeâtre, évoque une production plus orientale peut-être d’influence moghole (sous-continent indien). Une hypothèse tout à fait probable étant donné les anciens liens commerciaux avec l’Inde du Sultanat d’Oman (sud-est de la Péninsule arabique) qui contrôle, dès le XVIIe siècle, une partie des territoires au large et sur la côte d’Afrique de l’Est. Sa capitale est d’ailleurs déplacée sur l’île de Zanzibar durant la première moitié du XIXe siècle, où l’on recense alors quelques centaines de commerçants indiens. Cette communauté croit rapidement et, vers 1850, comprend également des artisans, entre autres des bijoutiers (S. Laing, 2017, p. 29).

Des analyses de matériaux ont permis d’affiner certaines de ces hypothèses. Les perles sphériques et piriformes sont en alliage cuivreux (probablement en laiton) doré à la feuille. En l’absence d’or ou d’argent massif, il parait vraisemblable d’exclure un travail par un orfèvre musulman des grands centres d’Oman, du Yémen ou même de Dar es Salam. Il pourrait ainsi s’agir d’une production secondaire établie sur la côte Est africaine que l’on trouve également dans les villes caravanières (communication personnelle, C. Vanderhaegue).

Quant au médaillon, bien que son métal soit également en alliage cuivreux doré, il pourrait tout autant être un élément d’importation dont l’origine de production et le mode de circulation restent à déterminer. 

Les commerçants arabes, et notamment Tippo Tip, dont il existe de multiples photographies et descriptions dans la littérature, ne semblent en effet pas avoir eux-mêmes portés de bijoux. Une absence de parure d’ailleurs fréquente pour les hommes musulmans de l’Est africain. Par contre, de nombreux biens manufacturés étaient transportés depuis la côte et échangés dans le cadre de leurs activités commerciales bien sûr mais aussi afin d’établir des alliances. Ce collier, qui ne concerne pas les principales marchandises (armes et munitions, tissus, épices, etc.) échangées contre de l’ivoire et des esclaves essentiellement, pourrait appartenir à cette seconde catégorie de biens.

Un cadeau de Tippo Tip au chef Lumpungu Ngoy Mufula ?

Tippo Tip rayonnait sur un vaste territoire en Afrique centrale. Kabinda, située à l’est de la région du Kasaï, à la frontière du Maniema et de l’ancien Katanga, se trouve en effet dans son aire d’influence. Il semble que dès 1869-1870, Tippo Tip avait atteint le Lomami et le pays Songye, y imposant dans les années qui suivirent un contrôle personnel au profit de son commerce d’ivoire et d’esclaves (Merriam, 1974, p. 11).
Mais Tippo Tip n’est ni le premier ni le seul commerçant arabe à avoir atteint cette région.

Dans son autobiographie, Tippo Tip ne mentionne qu’une seule fois Kabinda lors de son court passage (fin 1883) au début de son 4e voyage en Afrique centrale entre 1883 et 1886. Mais il précise néanmoins qu’à cette époque le chef de Kabinda, Lumpungu Ngoy Mufula, était déjà bien son vassal (Tippo Tip, 157 - Bontinck, 1974, p. 134).

Les débuts de leur relation restent toutefois difficiles à situer et celle-ci n’apparait d’ailleurs pas non plus linéaire (Renault, 1987, p. 237).

Selon certains historiens, Tippo Tip avait été appelé dans la région du Lomami par le père de Lumpungu, Kalamba Kangoi, qui lui avait demandé son assistance (Gillain, 1897, pp. 91-92 ; Vansina 1966, p. 239). Si tel est bien le cas, les premiers liens de Lumpungu avec les Arabes pourraient avoir été hérités de son père (Merriam, 1974, p. 14). Sans certitude pour autant qu’il se soit agi exclusivement de Tippo Tip au départ (Dibwe, 2013, p. 46).

Il reste ainsi difficile de présumer d’une période et de circonstances particulières au cours desquelles Tippo Tip aurait éventuellement pu offrir le collier à Lumpungu. Ce dernier se trouvant sous sa vassalité, Lumpungu lui-même devait payer tribut au chef arabe. En outre, c’est plus généralement le fils de Tippo Tip, Sefu, qui sillonna ensuite cette région pour le compte de son père, et auquel Lumpungu eut le plus souvent affaire. De riches tributs leur furent ainsi régulièrement payés, au moins jusqu’à la fin des années 1880 (Huughe, Historique de la chefferie Lumpungu, tapuscrit, 1919, p. 7 – AMAEB, AIMO (1577) 8970).

Cela n’exclut nullement qu’en retour, Tippo Tip, ou son fils, ait certainement pu récompenser et renforcer avec des cadeaux, la loyauté de cet allié régional important.

Présentation de Lumpungu Ngoy Mufula par son arrière-petit-fils, Jean Mutamba (transcription d’un extrait de courriel, 22/08/2021) :

Oui, dans notre famille il est connu qu'avant l'arrivée des Belges, le grand chef Lumpungu Ngoy Mufula, en tant que grand guerrier de la région s'était allié aux Arabes et avait fait un accord avec Tippo Tip pour la livraison d'esclaves aux Arabes.
Il y avait donc un échange d'esclaves intensif contre des fusils et d'autres objets manufacturés et des tissus. C'est grâce à ces armes qu'il avait aussi pu imposer son pouvoir sur les autres chefs locaux. 

En 1892, Lumpungu Ngoy Mufula se soumet définitivement à l’État indépendant du Congo.  Il aide alors la Force publique de l’Etat léopoldien et participe aussi directement dans les campagnes contre les arabes (1892-1894) dont de nombreuses batailles eurent lieu en pays Songye.

Parallèlement, un poste européen est fondé à Kabinda.

La soumission de Lumpungu à l’État indépendant du Congo marquant la fin de son alliance avec les commerçants arabo-swahilis, le collier lui aurait donc été offert, le cas échéant, avant 1892.

 

Objets similaires ?

Une photographie reproduite dans la presse belge (La Meuse, 30 avril 1924, p. 5 -ci-dessous) atteste bien le port par des chefs de la région de parures similaires au collier du musée. Sur l’illustration de gauche, le chef Beneki Sendwe-Mutamba arbore les pagnes des notables songye ainsi qu’un ornement pectoral très ressemblant.

Le commentaire du journaliste de l’article Modernisation. Deux grands chefs du Katanga, un correspondant appelé Matalatala, ne laisse aucun doute quant à la catégorie qu’il assigne à de tels atours qualifiés de pacotille de provenance arabe. Il est néanmoins impossible de déterminer si le bijou arboré sur cette image par le chef Sendwe-Mutamba, est exactement de même type, voire le même objet, que celui du musée.

Cependant, le vis-à-vis établi dans l’article avec la photographie du jeune chef Yakaumbu, fils de Lumpungu Ngoy Mufula dont Sendwe-Mutamba était justement ministre, ne manque pas de créer un lien interpellant à cet égard. D’autant plus que des relations étroites seront maintenues entre les deux hommes et leur famille (voir plus bas - Mémoires populaires).

 

Yakaumbu Kamanda Lumpungu

Outre le nom de Tippo Tip, c’est ainsi le nom de Lumpungu Ngoy Mufula qu’il conviendrait sans doute d’associer à ce collier ou encore celui de son fils Yakaumbu Kamanda Lumpungu (1890-1936) qui lui succède en 1919. D’après les mots d’Olbrechts (voir document ci-dessus), il en fut le dernier détenteur indigène.

La chronologie qu’il a été possible de reconstituer à partir des dates mentionnées dans les archives montre que le collier aurait été vendu par Yakaumbu Kamanda au cours de la première moitié des années 1930. Une photographie montre en effet que Kamanda, ou plutôt l’une de ses épouses (son épouse favorite Mfute Lushiya – selon l’actuel chef Kamanda) est en possession du collier jusqu’au moins en 1929 (ill. ci-dessous).

Le collier est alors porté avec des perles (aujourd’hui manquantes) sur le cordon supérieur.

Le chef Kamanda [Yakaumbu Lumpungu] avait plusieurs femmes parmi lesquelles il y avait Mfute – Lushiye et Musumba Lukombo. C’est Mfute qu’il aimait tant, car dans toutes ses images, dans la voiture, dans ses tournées, il était avec elle. (Dibwe, 2022, p. 36)

Sur cette photographie, le chef coutumier médaillé apparait encore au faîte de sa puissance.

Les premiers rapports établis à son sujet par les administrateurs territoriaux du District du Lomami en  1922 le décrivent comme un jeune chef plein de promesses pour l’administration territoriale qui essaie de le former à sa convenance. Cette étape demande apparemment un contrôle assidu tant la chefferie de Lumpungu avait fonctionné jusque-là en autonomie vis-à-vis de l’administration territoriale coloniale.

Yakaumbu doit être soutenu et dirigé. Il parait animé de bonne volonté et susceptible de devenir un chef convenable. La punition qu’il a fallu lui infliger au cours de ce trimestre [privation d’un mois de traitement suite à un manquement] ne porte pas atteinte à ce jugement. J’ai exigé que Yakaumbu accompagne l’Administrateur territorial dans ses voyages : il aura ainsi l’occasion de visiter ses populations, de trancher des différends, de s’occuper de sa population et de sa chefferie, bref de faire acte d’autorité.
C’est le seul moyen pratique de lui apprendre son métier et de le débarrasser des éléments peu intéressants dont il a une tendance à s’entourer au village de Kabinda.

District du Lomami – Rapport sur l’Administration générale – 2e trimestre 1922 – Terr. de Kabinda 

Yakaumbu ne manque ni d’intelligence, ni de bonne volonté ; il est jaloux de son autorité, dévoué à l’Etat et en maintes occasions, a montré sa docilité et son désir de coopérer activement à l’administration de sa chefferie. Il nous appartient de tirer parti de ses aptitudes et de ses heureuses dispositions en l’aidant de nos conseils et de nos encouragements.
Lomami – Rapport sur l’Administration générale – 4e trimestre 1922 – District de Kabinda
AMAEB, AIMO (1743) 9538

En 1925, le prince Léopold de Belgique en visite au Congo remet d’ailleurs au jeune chef une épée d’honneur lors de son passage par Kabinda.

Mais l’aura de Yakaumbu Kamanda va décliner. Tant sa richesse, entre autre grâce au prélèvement de l’impôt pour les colons, que la suprématie de son autorité attisent les dissensions entre les différentes populations de son immense territoire. En outre, il en poursuit une administration autonome voire indépendante à l’instar de son père.

Les années passant, force est de constater que le nouveau chef ne répond pas aux espérances des colons belges.

[…] la situation politique dans le territoire de Kabinda en général et dans l’ancienne chefferie Lumpungu en particulier n’était pas bonne. L’Administration coloniale n’était pas parvenue à faire du chef Kamanda ya Kaumbu un auxiliaire soumis et totalement dévoué à la cause coloniale comme elle le souhaitait. (Dibwe, 2022, p. 43)

De même qu’à l’encontre de son père jadis, l’impatience et le désir chez les administrateurs coloniaux d’être débarrassés d’une autorité jugée contrariante prédominent.

Le 14 octobre 1935, suite à une plainte et à des témoignages portant sur de graves accusations – double homicide et anthropophagie essentiellement – qui furent recueillis lors d’une enquête laborieuse et d’ailleurs critiquée à l’époque (anon., L’affaire Yakaumbu, L’essor du Congo, retranscription tapuscrite, s. d.), le chef fût arrêté et incarcéré.

Les relations entre le chef Kamanda et l’Administration coloniale furent à la longue teintées de malentendus et se détériorèrent. Le double assassinat de la femme Kapinga wa Tshiyamba et de sa fille mulâtresse imputé à Kamanda fut l’occasion tant attendue par l’Administration coloniale pour rompre avec le chef songye. (Dibwe, 2022, p. 49)

Dès lors, les administrateurs territoriaux qui ont veillé à éviter les troubles dans la population au moment de l’arrestation ne peuvent que se féliciter :

En ce qui concerne le village de Kabinda et ses environs, ils sont devenus bien plus maniables et l’on n’y sent plus la résistance que nous opposait le Chef sous des dehors polis et zélés.
Extrait du Rapport politique en 1935 du territoire de Kabinda.
AMAEB, AIMO (1599) 9106, a (H-C-4-1 a) Lumpungu

Le procès intenté à l’encontre de Yakaumbu Kamanda Lumpungu aboutit à sa condamnation à mort.

Malgré un recourt qui met en cause les méthodes d’interrogatoires (persuasion, menaces et violences) utilisées sur les principaux prévenus (72 au total ont été cités dans l’affaire) et qui provoque une contre-enquête, la grâce fut rejetée par le roi belge. Le chef est exécuté le 1er septembre 1936.

Ce jugement est depuis lors toujours contesté par la famille et les descendants actuels de Yakaumbu Kamanda Lumpungu qui désirent voir officiellement réhabiliter la mémoire de leur aïeul.

Quid du collier ?

Selon les dires rapportés dans le dossier du musée, Yakaumbu aurait vendu le collier peu avant son exécution. Mais il est impossible de connaître les circonstances de la vente de ce collier par le chef, d’autant que le nom de son acheteur, le mécanicien, est resté inconnu.

Il parait néanmoins hasardeux d’envisager que les dernières années de vie du chef voient se fragiliser une existence jusque-là princière (Dibwe, 2022, p. 49).

Mais en 1935, son incarcération mit bel et bien terme à ses principales richesses. Ses comptes bancaires furent confisqués par l’administration coloniale pour surseoir aux dépenses immédiates et à celles du jugement :

Il résulte du dossier en possession de l’Administration que les sommes portées au crédit des deux comptes ouverts au nom de votre père ont servi à payer la nourriture spéciale qui lui fut donnée, suite à sa demande, durant son incarcération, les frais de justice et les dommages et intérêts auxquels il fut condamnés.
L. Henroteaux, Gouverneur de la Province du Kasai a.i. à Maole Laurent Lumpungu,
29 février 1960, ref 221. 
AMAEB, CAB/B 168 1364

Mais ni le peu de précision des données contenues dans les archives, ni les sources familiales (dont les souvenirs se fixent, en 1959, sur la voiture, un appareil cinématographique et l’épée offerte par Léopold III), ne permettent de déterminer si le collier aurait été saisi et/ou vendu en lien avec l’incarcération du chef (correspondance de Laurent Maole Lumpungu avec le Ministre du Congo belge et du Ruanda-Urundi – AMAEB, CAB/B 168 1364).

La voiture – ill. ci-dessous – fut, elle, apparemment vendue à un proche du condamné (Monsieur Jacobs, gérant des magasins Interfina – anciennement dits kasalu puis Comfina – de Kabinda), sans doute pour faire face à ces besoins de liquidités. Les biens immobiliers, quant à eux, furent progressivement démantelés.

Pour effacer toutes traces susceptibles de rappeler la mémoire du chef Kamanda, l’Administration coloniale confisqua son épée d’honneur (que le Prince Léopold lui avait remise en 1925), sa voiture et son compte en banque. Une partie de cet argent aurait servi, selon le Commissaire de District, E. Mattelaer, à payer les frais de justice et les dommages et intérêts fixés par le jugement. “Il est établi, note le Commissaire de District, qu’il restait de l’argent plus ou moins 5.000 Frs. Le dossier ne parle pas de la destination donnée à cet argent”. La voiture aurait été vendue à l’ami du défunt, monsieur Jacob, pour une valeur de 15.000 Frs. “On ignore, note toujours le Commissaire de District, si cette somme fut réellement payée et quelle fut sa destination”. La résidence du chef Kamanda, restée inoccupée depuis la mort du chef songye, fut détruite par l’administration territoriale au cours de la seconde guerre mondiale (1940-1945). Les tôles de la maison ainsi détruite seraient vendues à un colon belge du nom de Dumont, tandis que les briques récupérées auraient servi à la construction de la maternité Reine Astrid de Kabinda, devenue, à l’époque de Mobutu, le Centre Médical de la Fondation Maman Mobutu. Sur les ruines de la résidence du chef Kamanda, l’autorité coloniale construisit, plus tard, une maison modeste pour le chef Mutamba, fils et successeur de Kamanda. Après l’accession du pays à l’indépendance, le chef Mutamba détruisit cette maison et, sur ses ruines, construisit une résidence princière. (Dibwe, 2022, p. 71)

 

Mémoires populaires

Tant par le prestige hérité de son père, que par le sort tragique de sa propre histoire et le caractère hautement controversé de sa mort (à l’âge de 46 ans), la figure du chef Kamanda Yakaumbu Lumpungu est resté un personnage fameux de l’histoire congolaise, y compris dans la culture populaire (mémoire, récits, chants, peintures) – voir à cet égard l'intégrale de l'impressionnante étude du Dr. D. Dibwe, 2007 (réédition du musée 2022)

Le musée conserve plus d’une dizaine de peintures qui représentent le chef Kamanda Yakaumbu ainsi que des épisodes de son histoire.

Sa condamnation à mort est le thème des deux premières.

La plus ancienne (1973) est une œuvre de Tshibumba Kanda Matulu, un artiste luba (du Kasaï) dont le père est d’ailleurs originaire de Kabinda. Tshibumba a représenté plusieurs fois la pendaison du chef Yakaumbu de manière descriptive et réaliste. La version du musée est sans doute la plus resserrée par l’économie du cadre en format portrait, centré sur la potence et les trois spectateurs qui lui font face (en réalité l’assistance fut plus importante – outre la foule maintenue à distance) au premier plan. Une composition qui donne une profondeur dramatique (au sens propre et au sens figuré) à la scène. 

 

La seconde version (1989), peinte par Kaz, s’éloigne d’une représentation historique ordinaire et intègre la mémoire collective locale de l’évènement en illustrant une version de son caractère prodigieux. Ici, quatre pendaisons furent nécessaires pour exécuter le chef qui se transforma en différents animaux les trois premières fois, à la grande stupéfaction de l’assistance.

D’après la mémoire populaire, la puissance de Kamanda s’était manifestée de diverses façons et à plusieurs reprises avant sa pendaison.
‘Le jour de son exécution venu, la potence déjà dressée, le chef Lumpungu fut amené, visage voilé et habillé en vulgaire paysan. Selon une légende, Lumpungu qui avait beaucoup de fétiches, parmi ceux-ci, ceux qui lui conféraient le pouvoir de se transformer en d’autres êtres animés, avait laissé à sa première femme un œuf, qui, tant qu’il ne serait pas cassé, la mort n’aurait pas le dessus sur lui. C’est ainsi qu’à deux ou trois reprises, on passait la corde autour du cou de Kamanda. Mais, à chaque fois qu’on enlevait l’escabeau sur lequel reposaient ses pieds, c’est soit un coq, soit un mouton qui se retrouvait pendu, pendant que le condamné se retrouvait toujours à côté de la potence’.
Dibwe, 2022, p. 64

Plus tard, entre 1991 et 1997, Burozi, un peintre originaire de Likasi, ancien policier et agent du parc zoologique de Lubumbashi, produit, lui, une série d’œuvres qui prennent pour thème, non pas l’exécution du chef mais un récit de vie illustrant des éléments marquant de son pouvoir (liens familiaux, costume colonial blanc impeccable), de sa richesse (voiture) et de ses activités marchandes, principalement avec le grand commerçant d’Elisabethville (actuelle Lubumbashi) Léon Matunga, considéré d’ailleurs comme le fils de Sendwe Mutamba, allié de Lumpungu Ngoy Mufula. Le peintre représente aussi les circonstances du crime et de l’arrestation du chef. (Michel-N’Tambwe, Récit de vie recueilli auprès de l’artiste peintre Burozi Jean en date du 12 juillet 1995 Lubumbashi, manuscrit inédit)

Dans la plupart de ces compositions, l’influence de photographies transparait clairement. Ce qui est encore souligné par le choix majoritaire d’une peinture en dégradé de gris.

 

Deux autres peintures, en couleur cette fois, figurent Kamanda (toujours peint en gris) avec les victimes du double meurtre dont il fut accusé. Pour ces deux œuvres, des extraits des archives du fonds rassemblé par Bogumil Jewsiewicki (MRAC, en cours d’inventaire), éclairent néanmoins plus avant le message que l’artiste a voulu transmettre.

À propos de la première œuvre, l’artiste résume la tragique affaire tout en évoquant le caractère surnaturel des victimes :

8/ L’histoire de Kamanda Lumpungu, chef Songye avec Kapinga égorgée, sa chaire consommée. Kamanda est furieux. Kapinga, une métisse sans origine, une mystique qui provoqua la pendaison de Kamanda à Kabinda.
Notes de Michel-N’Tambwe, extrait de La description de la peinture, s.d.

Avec la seconde peinture, l’artiste représente la situation qui a immédiatement précédé le meurtre. Dans son commentaire, il invoque la jalousie comme un possible mobile à l’acte criminel :

10/ Kamanda, Kapinga, sa fille au salon, il s’entretient avec elle pour le mariage. La mystique Kapinga pouvait (sic) son accord, maintenant la femme de Kamanda ayant appris cela, elle devenait jalouse, elle combattit la Kapinga qui trouva la mort. Elle a été dépecée, sa chaire cuite et consommée pour que ce fait reste sans trace. Kamanda voulait avoir une blanche comme femme.
Notes de Michel-N’Tambwe, extrait de La description de la peinture, s.d.

L’explication fournie ici par l’artiste est le reflet d’une des multiples traditions orales qui impute aux femmes de Kamanda la responsabilité du meurtre.

Comme le relève Donatien Dibwe (p. 80), la première femme, Mfute, est la plus citée. Instigatrice, elle aurait poussé ses coépouses à commettre le crime.

Tous ces récits montrent que les femmes du chef Kamanda sont responsables de la mort de Kapinga wa Tshiyamba et de sa fille. C’est pourquoi, la plupart des Songye commencent ce récit par cet adage : ‘ kipama nkiobe kiakushinga nsenga ‘ (Pour un igname qui pourtant t’appartient, tu te couvres de terre, cela veut dire : tes propres femmes te couvrent de honte au lieu de t’honorer). La première femme, Mfute, est la plus citée. Instigatrice, elle aurait poussé ses coépouses à commettre le crime. D’ailleurs, comme nous le verrons, cette femme est citée comme témoin lors du procès. Les quatre récits montrent que Kamanda est mort pour avoir voulu sauver ses épouses et sauvegarder sa dignité. Dibwe, 2022 p. 89

Avec deux de ses co-épouses, Mfute est en effet impliquée lors de l’enquête menée avant le procès de son époux mais pour la charge de recel (de certains des biens de la victime, en l’occurrence deux pièces de tissus). Elle est d’ailleurs condamnée à un an de servitude pénale et à payer une amende équivalente à 1/72e des frais de la procédure judiciaire.

Outre la peine de mort, le chef Yakaumbu Kamanda Lumpungu est lui condamné à payer 4000 francs belges d’amende ainsi qu’une part correspond à 5/72e des frais du procès.

Collier vendu… ou saisi par l’administration coloniale ?

Le règlement de ces sommes a-t-il été la raison de la vente – par Mfute ou par Kamanda – du collier ou plutôt de sa saisie par l’administration coloniale, au même titre que les autres biens du chef, au moment de sa condamnation ?

La mention de la condamnation à mort de Yakaumbu Kamanda Lumpungu dans l’archive du musée (Le fils de Lumpungu, dernier détenteur indigène de ce collier a été pendu pour acte de cannibalisme [calibanisme]) pourrait inciter à le penser.

C’est d’ailleurs l’opinion qu’a exprimé à cet égard l’actuel chef Kamanda, petit-fils de Kamanda Yakaumbu Lumpungu, qui considère que le collier a été confisqué par les colons belges en même temps que les autres biens de son aïeul (message vidéo du 10 octobre 2021) :

Tout en étayant largement le contexte historique relatif à cet objet, il s’agit d’une version des faits que cette recherche de provenance n’a pas permis de confirmer ou d’infirmer.

Mais faire appel aux sources orales actuelles, et aux mémoires qu’elles transmettent, enrichit considérablement la compréhension et l’interprétation des données partielles (et partiales) transmises par les archives écrites.

Les travaux du professeur Dibwe montrent ainsi que pour nombre de Congolais le chef Kamanda répond aux critères d’un vrai homme selon l’école traditionnelle songye (Dibwe, 2022, p. 89). De telles valeurs associées à son statut de chef rendent pour beaucoup impensable le point de vue selon lequel Kamanda aurait de lui-même vendu ce collier.

 

Un autre objet de la même période : le Khanjar de Sefu

Toujours dans la salle Histoire Coloniale et dans la même vitrine que le collier, vous verrez une arme qui aurait, elle, appartenue à Sefu (circa 1860 - 1893), le fils de Tippo Tip.  

Ce type de couteau est originaire d’Oman où il est appelé Khanjar ; il représente encore aujourd’hui l’un des objets symboliques du pays. Les omanais sont majoritairement des musulmans ibadhi, une branche de l'islam pour laquelle le port des bijoux (sauf une chevalière) est proscrit pour les hommes. Ils sont néanmoins autorisés à porter des armes, c’est pourquoi ces dernières sont tellement ouvragées.

Arme de prestige, le khanjar est un symbole de statut pour la personne qui le porte. Il est parfois offert par les familles à leur fils au début de l’âge adulte et constitue très souvent un cadeau de mariage pour les hommes. Il est toutefois aussi utilisé à des fins pratiques (M. Vandermeulen).

Le khanjar existe également dans le reste de la péninsule arabique et notamment au Yémen. Avec l’expansion du Sultanat d’Oman qui dès le XVIIe siècle comprend l’archipel de Zanzibar ainsi que des comptoirs sur la côte est africaine, son usage s’est aussi certainement répandu chez les plus riches des commerçants afro-arabes de Tanzanie ou de l’est du Congo à partir du XIXe siècle. 

Là encore, il n’existe pas de certitude quant à cette indication qui fait remonter l’objet à une personnalité importante des guerres remontant aux campagnes arabes, circa 1892-1894. Le dossier d’acquisition stipule toutefois qu’avant d’être donné au musée en 1930 par le militaire O. Paternostre, le poignard aurait été transmis à celui-ci par le commandant Aristide Doorme (1863-1905).

Nommé lieutenant de la Force publique, Doorme fut en effet l’un des militaires qui prit possession en 1893 de l’un des boma (habitat fortifié) qui protégeait Kasongo, la capitale de Tippo Tip et de Sefu.

Doorme attaqua notamment le fort de Said ben Abedi qui défendait l'extrémité de la ville et qui fut vaincu au premier assaut.

La prise de Kasongo par les militaires de l’État indépendant du Congo semble ainsi avoir été si rapide que de nombreux biens furent abandonnés sur place et tombèrent en effet aux mains des Belges.

Mais plusieurs chefs afro-arabes étaient présents avec Sefu à Kasongo lors de la prise de la ville. En outre, Sefu s’enfuit et mourut quelques mois plus tard dans une autre attaque au cours de laquelle le rôle de Doorme en particulier n’est pas déterminé. Une recherche de provenance approfondie concernant cet objet est en cours dans le cadre du projet CAHN – Congo-Arab Heritage in Historical Narratives.


Texte élaboré à partir d’une proposition d’Agnès Lacaille sur base de recherches spécifiques et d’une synthèse issue des données ci-dessous.

SOURCES

Échanges téléphoniques, mails, sources non-publiées, etc. :

  • Arazi Noemie
  • Devos Maud
  • Dibwe Donatien
  • Genbrugge Siska
  • Ghysels Colette
  • Hersak Dunja
  • Kabuetele Ejiba Dieudonné (par l'intérmédiaire du professeur Dibwe)
  • Leduc Mathilde
  • Maniacky Jacky
  • Mees Florias
  • Morren Tom
  • Mutamba Jean (en concertation avec sa famille)
  • Nikis Nicolas
  • Omasombo Jean
  • Sciot Eline
  • Van de Voorde Jonas
  • Vandermeulen Marleen
  • Vanderhaegue Catherine
  • Vanderstraete Anne
  • Welschen Anne

Archives:

  • Archives générales du Royaume (AGR), CC Collection (Conseil colonial et Conseil de législation), portefeuille 3392; fonds JUST 126 B.
  • Archives du Ministère des Affaires étrangères de Belgique (AMAEB): AIMO (1743) 9538; AIMO (1577) 8970; AIMO (1599) 9106; T(270); CAB/B 168 1364
  • Musée royal de l'Afrique centrale (MRAC), Section Histoire coloniale, Dossier d'acquisition : DA.7.1558; Archives de particuliers : https://archives.africamuseum.be/repositories/2/resources/355
    Section Histoire et Politique, Bogumil J Collection.

Articles de presse (BelgicaPress):

  • Meuse (La), 30/04/1924 p. 5; 26, 27 & 28/11/1935 (p.1); 22/4/1936; 3 & 4/10/36 (p. 2); 14/10/36.

Ouvrages et articles :

  • Arazi, N., Bigohe, S., Luna, O., Mambu, C., Matonda, I., Senga, G., & Smith, A., “History, archaeology and memory of the Swahili-Arab in the Maniema, Democratic Republic of Congo”, Antiquity, 94(375), 2020. E18. doi:10.15184/aqy.2020.86
  • Bontinck, F., L'autobiographie De Hamed Ben Mohammed El-Murjebi Tippo Tip (Ca. 1840-1905), Bruxelles, Académie Royale Des Sciences D'Outre-Mer, 1974, 304 p. (note 411, pp. 267-268)
  • Ceuppens Bambi (ed.), Collections du MRAC: Congo art works, peinture populaire, Tervuren, AfricaMuseum, Lannoo, 2016, 187 p.
  • Couttenier Maarten, “The Museum as Rift Zone – The Construction and Representation of East and Central Africa in the (Belgian) Congo Museum/Royal Museum for Central Africa”, History in Africa, vol. 46, 2019, pp. 327-358.
  • Delcommune Alexandre, Vingt années de vie africaine. Récits de Voyages, d’Aventures et d’Exploration au Congo belge, 1874-1893, Bruxelles, Vve F. Larcier, 1922, v. 2, pp. 89-99.
  • DIBWE dia Mwembu Donatien, “The role of Firearms in the Songye Region (1869-1960)”, in ROSS R., HINFELAAR M. et PESA I. (ed.), The Objects of Life in Central Africa. The History of Consumption and Social Change, 1840-1980, Leiden-Boston, Brill, 2013, pp. 41-64.
  • Le Chef Songye Kamanda Ya Kaumbu au rendez-vous de l’histoire et de la mémoire congolaise, Presses universitaires de Lumumbashi, 2005, 172 p. (réédition MRAC, Tervuren, 2022)
  • “Cadres sociaux et politiques de la mémoire : les réincarnations du chef Kamanda ya Kaumbu”, in Likundoli : Mémoire et enquête d’histoire congolaise, X (2006)1-2, p. 110-123.
  • Geary Christraud M., In and Out of Focus. Images from Central Africa, 1885-1960, Washington, Smithsonian NMAA, 2002, 128 p.
  • Fabian, J. 1996. Remembering the Present: Painting and Popular History in Zaire. Berkeley: University of California Press.
  • Fisher A., Fastueuse Afrique, Paris, Hazan, 1984, p. 296-7 
  • Laing S., Tippu Tip. Ivory, Slavery and Discovery in the Scramble for Africa, Surbiton, Medina Publishing, 2017, 330 p.
  • Leurquin A., Colliers ethniques d’Afrique, d’Asie … de la collection Ghysels, Milan, Skira, 2003, pp. 111, 172-3
  • Merriam Alan P., An African World: the Basongye Village of Lupupa Ngye, Bloomington & London, Indiana University Press, 1974, 347 p.
  • Renault François, Tippo Tip. Un potentat arabe en Afrique centrale au XIXe siècle, Paris, Société française d'histoire d'outre-mer, 1987, 376 p. (Bibliothèque d'histoire d'outre-mer. Travaux, 5)
  • Sohier Jean, La mémoire d’un policier belgo-congolais, Académie royale des Sciences d’Outre-Mer, Classe des Sciences morales et politiques, N.S., XLII-5, Bruxelles, 1974
  • Vanderhaegue C., Les bijoux d’Ethiopie. Les centres d’orfèvrerie de 1840 à la fin du XXème siècle, thèse de Doctorat, Louvain, UCL, 2001, 3 vol. 
  • Vellut JL, “Une exécution publique à Elisabethville” in BJ Art pictural zaïrois, 1992, pp. 200-210

Autres :

 

Les informations qui se trouvent dans cet article sont essentiellement basées sur les ressources disponibles au musée (archives, publications, etc.). La biographie de l’objet peut donc toujours être enrichie. Avez-vous des remarques, des informations ou des témoignages à partager sur cet objet ou sur ce type d’objets ? N’hésitez pas à nous contacter : provenance@africamuseum.be.

 

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